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GLOSSAIRE

 

Ce glossaire se rapporte d'abord aux termes suivis d'un astérisque * dans mon livre La Troisième oreille.
Les autres termes, appelés à se développer à la demande de mes lecteurs, se rapportent à la qualification d'une écoute, d'une œuvre, d'une interprétation.


Acousmatique François Bayle propose d’employer le terme de musique acousmatique (du grec akousma, perception auditive) pour désigner « une musique qui se tourne, se développe en studio et se projette en salle comme le cinéma ». L’acousmonium  est « l’instrument de la mise en scène de l’audible » par diffusion du son, dans l’espace d’une salle, au moyen d’ « un ensemble de projecteurs sonores qui construit une « orchestration » de l’image acoustique ». Un orchestre de 80 haut-parleurs, l'Acousmonium, a été inauguré le 12 février 1974 à l'Espace Cardin à Paris avec l'œuvre de François Bayle L'Expérience acoustique.
Agogique* Terme utilisé par le musicologue allemand Hugo Rieman en 1884 se rapportant à la fluctuation de tempo d'un interprète contrairement au rubato qui relèverait des exigences du compositeur. C'est, au fond, la manière dont un interprète conduit l'œuvre, « voyage » d'un point à un autre. Vincent d'Indy a repris le terme dans son Cours de composition musicale. Voir sur le sujet le lien du CNRTL
Ambitus* Étendue entre la note la plus aigue et la plus grave d'une mélodie. À différencier de la tessiture* qui concerne l'étendue d'une voix ou d'un instrument.
Anacrouse Groupe de notes précédant le premier temps de la mesure initiale d'une œuvre. Comme les trois « dos    » dans La Marseillaise sur « Allons en...»
Basse continue* Partie instrumentale confiée généralement à un instrument polyphonique - clavecin mais aussi luth, théorbe, orgue - renforcé par un instrument monodique basse (viole de gambe, violoncelle) qui soutient un récitatif dans un opéra, une cantate, une passion... Cette partie est souvent réduite à un chiffrage d'accords dont la réalisation et l'ornementation sont libres.  On emploie également le terme italien de continuo pour désigner le groupe instrumental assurant cette basse continue.
Big band En jazz, le big band définit une formation orchestrale pouvant aller jusqu'à une vingtaine d'instrumentistes avec ou sans chanteur(s). À l'instar d'un orchestre symphonique, il se divise en quatre sections les anches (2 saxophones alto, 2 ténors, 1 baryton parfois un soprano, flûte, clarinette), la section des trombones (4), la section des trompettes (4 + parfois cornet, bugle), enfin la section rythmique (clavier, contrebasse, batterie, parfois guitare. Fletcher Henderson passe pour l'initiateur du big band au milieu des années 1920 regroupant dans sa formation les meilleurs solistes, comme Louis Armstrong, dès 1924.Son initiative sera reprise par de grands arrangeurs tels Duke Ellington, Count Basie, Bennie Goodman, etc. À l'époque du be-bop, le big band se réduit (Miles Davis, Dizzy Gillespie) mais perdure. Aujourd'hui, il est tombé un pue désuétude payant peut-être le fait d'avoir défendu une esthétique trop commerciale et à contrecourant d'un style qui  favorise l'expression individuelle.
Bouteillophone* Instrument employé dans les musiques traditionnelles (Afrique) consistant en une série de bouteilles accordée chromatiquement en fonction du niveau d'eau qu'elles contiennent. On peut souffler dans le goulot ou frapper la bouteille avec une baguette. Erick Satie a écrit une partie de bouteillophone (à 11'30) dans son ballet Parade (1917). Ce ballet comprend également une machine à écrire, une roue loterie, un moteur d'avion, un revolver, une sirène...
BPM* Battement par minute. Le nombre de BPM détermine le tempo* d'un morceau de dance ou de techno voire son style (exemple 130 pour la house, 170 pour le jungle). Ce battement répété régulièrement soutient également l'électro. Voulez-vous écouter un Techno Classic 1990-2000 ? Vous serez édifié.
Breaks* Au sein du big band, le break est un bref solo (quelques mesures) joué sans accompagnement servant de pont entre deux périodes. Il est le plus souvent improvisé et peut ainsi servir à présenter les solistes d’une formation. En 1927, Louis Armstrong enregistra 125 breaks solos. D'une manière générale le break est une cassure dans la structure du morceau. En musique classique, on parle plutôt de « pont ».
Louis Armstrong :
Wild Man Blues  Repérez-les !
Cadence* Le terme cadence (du latin cadere : tomber puis de l'italien cadenza : chute) peut désigner le rythme régulier auquel s'exécute un geste (marche) un travail. Singulièrement, dans le domaine musical, il ne se rapporte pas au rythme. Il désigne la formule mélodique ou harmonique qui conclut une phrase musicale. L'auteur de l'article Cadence sur Wikipedia retient six types différents de cadence : parfaite, italienne, imparfaite, rompue ou évitée, demi-cadence, plagale. Il en existe encore bien d'autres liés à certains compositeurs : cadence de Machaut, cadence de Landini, cadence Bach, cadence fauréenne...
Le terme cadence désigne aussi la partie virtuose (souvent improvisée) qui précède la fin du premier mouvement d’un concerto baroque (Bach : Concert Brandebourgeois n° 5 à 6'08), classique (Mozart : Concertos pour piano) ou romantique (Beethoven : Concerto pour violon op. 61 à 20'19). Le terme apparaît dans ce sens pour la première fois dans un texte de Giovanni Bassano en 1598. Au XXe  siècle, la cadence de virtuosité est presque toujours écrite et sa place est fluctuante suivant chaque œuvre.
 Si vous souhaitez écouter une cadence d'une grande virtuosité, reportez-vous à celles de Serge Prokofiev en conclusion du premier mouvement de son
 Concerto n° 2 pour piano orchestre à 5'00 (1913) une des plus brillantes du répertoire ou de Maurice Ravel en conclusion de son Concerto pour la main gauche à 4'25
Canon* Pièce polyphonique vocale ou instrumentale au cours de laquelle les voix ou parties exécutent une phrase identique mais décalée d'une ou plusieurs mesures. Qui n'a pas essayé sur le thème de Frère Jacques ? Plus poussées, les œuvres en canon de l'époque baroque sont nombreuses. Jean Sébastien Bach est le maître en la matière dans l'Offrande musicale ou l'Art de la fugue.BWV 1080. L'écriture en canon annonce la fugue = > genre.
Chorus* A l'origine, le chorus est le refrain d'une chanson ou d'un morceau instrumental. Par extension, les jazzmen ayant coutume d'improviser sur le thème populaire de ce refrain, le chorus en est venu à désigner l'improvisation elle-même.
Au sein du big band, « prendre un chorus » c’est donc improviser sur le thème principal. Il peut y avoir plusieurs chorus dans un même morceau joué par un seul ou par différents solistes. Le chorus a souvent 12 ou 32 mesures.
Chromatisme Échelle de 12 demi-tons à l'intérieur de l'octave. Elle s'oppose à l'échelle diatonique* limitée à 7 notes (5 tons et deux demi-ons). Le chromatisme désigne les altérations accidentelles d'une gamme diatonique* ayant une fonction expressive ou entrainant à la modulation*.
Combo Abréviation de combination en anglais apparue à Cuba dans les années 1950. Dans le domaine du jazz, un combo désigne un petite formation instrumentale de moins de 10 musiciens solistes. Il s'oppose donc au big band*.
Concertino* Dans le cadre d'un concerto grosso tel qu'il était pratiqué au XVIIIe siècle (Corelli notamment), ce terme qualifie le petit groupe de solistes qui alterne avec le reste de l'orchestre appelé ripieno*. Corelli : Concerto grosso op. 6 n° 4 : le concertino est constitué ici de 2 violons.
A partir du XIXe siècle, le concertino définit un petit concerto de durée limitée et/ou d'effectif réduit. Weber : Concertino pour clarinette et orchestre
Conduit* Genre pratiqué à l'aube de la polyphonie à côté de l'organum* ou du déchant*. Contrairement à ces derniers, le conduit part d'une mélodie originale (teneur, cantus firmus) , qui n'est donc pas empruntée au plain-chant. Il était destiné à l'origine à « conduire » l'officiant vers l'autel. Le conduit est un chant homophone : même texte et même rythme aux différentes voix (2 ou 3). Pour la première fois, le compositeur s'émancipe du contexte musical religieux assumant à part entière sa créativité. Chant para liturgique, profane, il constitue l'embryon du motet*.
Continuo C'est le terme italien pour désigner le petit groupe instrumental assurant la fonction de basse continue*.
Contretemps Effet rythmique consistant à produire notes ou accords entre les temps réguliers d'une mesure (temps faibles), les temps forts étant occupés par un silence ou la prolongation d'une note précédente. A ne pas confondre avec la syncope*.
Crescendo* Contrairement au diminuendo*, un crescendo est une augmentation progressive du niveau sonore exigé par le compositeur à un instrumentiste, au chanteur, à un orchestre tout entier. Il est écrit cresc. ou indiqué par le signe <. Il peut s'appliquer à une note, un accord, une ou plusieurs mesures voire une œuvre entière.  Ce crescendo peut être obtenu par augmentation du souffle (vents, cuivres), intensité de la frappe (claviers, percussions) ou par accumulation successive d'instruments comme dans le Boléro de Maurice Ravel ou la Quatrième Pièce pour orchestre opus 6 d'Anton Webern (à partir de 7'50), finale de la Symphonie n° 8 de Mahler (à 1 h 13' 34"). Cette notion qui nous parait aujourd'hui assez banale n'a cependant pas été utilisée rationnellement avant le milieu du XVIII siècle notamment à l'école de Mannheim avec Johann et son fils Karl Stamitz,
Exemple de crescendo suivi d'un diminuendo* : finale de la Symphonie n° 10 de Mahler/Cooke  (à 1h 22'10").
Da Capo A la fin d'un mouvement ou d'une section de mouvement, cette indication mentionnée par une double barre engage l'interprète à reprendre au début. La structure ABA de l'aria italienne use du da capo même si la reprise est parfois ornementée librement par l'interprète.
Déchant* Genre pratiqué au début de la polyphonie. Procédé d'écriture qui ajoute un contrechant note contre note au-dessus du cantus firmus grégorien. Il devient ainsi la partie supérieure suivant à l'unisson à l'octave à la quinte ou à la quarte le thème grégorien. Il amorce le principe du conduit* sur mélodie originale. Progressivement, le déchant prendra des libertés pour constituer ce qu'on appelle l'organum fleuri* laissant place à l' improvisation. Les voix supérieures finiront par se libérer au point de constituer les bases d'un véritable contrepoint.
Diatonisme Échelle de sept sons correspondant aux touches blanches du clavier réparties en 5 tons et deux demi-tons, sans altérations (dièse ou bémol). Le diatonisme s'oppose au chromatisme*
Diminuendo Contrairement au crescendo*, un diminuendo est une diminution du niveau sonore exigé par le compositeur à un instrumentiste, à un chanteur, à un orchestre. Il est écrit dim. ou indiqué par le signe >. Il peut s'appliquer à une note, un accord, une ou plusieurs mesures voire à un passage entier notamment pour conclure un mouvement comme sorte de shuntage par diminution de l'intensité des instruments soit par leur élimination progressive.
Dub* Le dub est pratiqué à la Jamaïque et introduit par l’ingénieur du son King Tubby. Cette technique consiste à extraire d’un morceau vocal les pistes instrumentales (surtout la basse et la batterie) pour ensuite les remixer en leur appliquant des effets sonores (reverb, écho, phase, delay, etc.). C’est donc la version instrumentale du ska ou du reggae, celle qui figure sur la face B (dub plate) de la version chantée. Le dub va permettre au DJ de toaster (tchatcher) sur la musique et cette pratique sera à l’origine du rap.
Homophonie Style d'écriture dans laquelle toutes les parties (instrumentales ou vocales), évoluent parallèlement sur un même rythme à l'unisson ou à l'octave. Le chant grégorien est un chant homophone.
Homorythmie Style d'écriture polyphonique dans lequel les voix mélodiquement indépendantes évoluent ensemble sur le plan rythmique. C'est le cas, par exemple, des pièces de la renaissance se réclamant du principe de la musique mesurée à l'antique ainsi que les chorals protestants.
Klangfarbenmelodie* Le principe de la Klangfarbenmelodie (mélodie de timbres) consiste à estimer qu’une succession de timbres différents peut être assimilée à une mélodie. Si la mélodie est une succession de hauteurs, la klangfarbenmelodie est donc une succession de timbres. Arnold Schönberg a dégagé cette notion dans son Traité d’harmonie  (1911) après l’avoir expérimentée dans sa Pièce op. 16 n° 3 « Farben » écrite en 1909 : un unique accord a pour seul développement sa distribution instrumentale en deux orchestrations différentes. « Je ne puis admettre sans réserves la différence que l'on a coutume d'établir entre couleur sonore (timbre) et hauteur sonore. C'est en effet par sa couleur sonore - dont une dimension est la hauteur - que le son se signale. » Webern exploitera également la même année cette notion notamment dans la première des Pièces pour orchestre op. 6  et surtout dans dans les 5 Pièces op. 10 voir analyse ici.
Maqam*
Makam
« Le maqam est le mode mélodique de la musique classique arabe » écrit Etienne Bours (Dictionnaire thématique des Musiques du monde, Fayard, 2002) à qui j'emprunte l'essentiel de cette définition. Musique modale, musique improvisée, la musique arabe repose sur un système d'échelles complexe. « Chaque maqam est une échelle donnée, un schéma donnant aux musiciens et aux chanteurs une ou plusieurs notes de base. Plus qu'une gamme, c'est un système d'organisation. Les maqamat correspondent à des humeurs et aux moments de la journée (comme les ragas*) et chacun correspond à une émotion particulière. Il existerait plus d'une centaine de maqamat reconnus pour les pays du Proche-Orient (une quarantaine en Égypte) [...] Au Kurdistan, les musiciens jouent sur une seule échelle modale. Par contre le mot maqâm désigne pour eux les motifs mélodiques préexistants et classés entre eux. » Maqâm rast  Maqam Iami

Mode*

Le mode est la structure des intervalles composant l’échelle des notes à l’intérieur de l’octave. On distingue plusieurs types de modes : les modes antiques, les modes du plain chant, les modes des traditions populaires, les modes artificiels ou inventés (Debussy, Messiaen : modes à transpositions limitées) ou en jazz le mode du blues. Il y a des modes diatoniques (touches blanches, pentatoniques (à 5 sons), heptatonique (à 7 sons), etc. On a retenu dans notre système occidental tonal deux modes (le majeur et le mineur) ce qui est très réducteur face au très grand nombre de modes possibles. Du fait de cette limitation à deux modes, les musiciens occidentaux ont pu travailler sur les accords (l'harmonie). On parle aussi de modes rythmiques, notamment chez Olivier Messiaen. Le principe du mode est à comparer avec le maqam* du Proche-Orient et le raga*de l'Inde.

Modulation La modulation consiste à changer de tonalité au cours d’une œuvre. Il aurait donc été plus approprié de parler de « tonulation » à ceci près que l’on module aussi lorsque l’on passe d’un mode à un autre (majeur à mineur par exemple). Vous écouterez une belle modulation à la fin du Boléro de Maurice Ravel : do majeur à mi majeur (à 14'42). Les jazzmen ne sont pas en reste notamment Jerome Kern qui dans All the things you are explore 5 tonalités différentes.
Motet* Le motet définit une composition vocale à plusieurs voix, a capella ou avec instruments, plus couramment religieuse, plus rarement profane. Illustré au cours de plusieurs siècles, il se présente sous des formes différentes qu'il convient de distinguer. => Consulter la terme à la page genre.
Notes inégales* Ce terme s'applique à l'interprétation des partitions de l'époque baroque (plutôt françaises) et se rapporte à la fluctuation rythmique appliquée à des notes affectées d'une même durée par le compositeur. Voir documents ici.
Dans le jazz, la notion de notes inégales s'appliquent au travers du swing.
Organum* Genre vocal associant au plain-chant* une ou plusieurs autres voix. On distingue plusieurs types.
L'organum parallèle est le stade primitif : sous la mélodie grégorienne (principalis) est ajoutée une voix organale (donnée à l'orgue ?) qui la suit note contre note : début et fin sont à l'unisson, consonances admises à la quarte, à la quinte ou à l'octave. En Angleterre, la consonance à la tierce ou à la sixte était acceptée dans le genre du gymel*. Au XIIe siècle, fut acquis le principe de mouvements contraires : pendant qu'une voix est stable l'autre monte ou descend.
Le déchant* inverse le principe : la voix organale passe au-dessus de la voix principale qui n'est plus d'origine grégorienne.
L'organum fleuri conserve la mélodie grégorienne à la basse, elle est appelée « teneur » car elle tient les notes de la voix principale  pendant que une ou plusieurs voix organales développent des mélismes de caractère improvisé en valeurs rapides sur chacune des notes « tenues » de la voix principale en valeurs longues. => organum dans la page genre.
Raga* Le raga signifie en sanskrit attirance, couleur, passion, énergie et se rapporte au cadre dans lequel doit être exécutée, improvisée, composée la musique de l'Inde. Ces règles définissent les notes à utiliser, à éviter, interdites, les mouvements ascendants et descendants de la gamme, certaines séquences ou ornementations, le moment, l'heure à laquelle où doit jouer, le sentiment général que le musicien doit faire partager à ses auditeurs. Le raga est donc beaucoup plus qu'un mode, mais il se rapproche du maqam* du Proche-Orient. On distingue principalement les musiques hindoustanie au nord de l'Inde (Népal, Pakistan, Afghanistan) et carnatique au sud (qui compte 72 ragas), chacune ayant le type de ragas, certains en commun. La notion de raga est complétée par celle de tala (mode rythmique) 
Nombreux exemples ici. Le compositeur français Jacques Charpentier a composé pour le piano 72 Etudes Karnatiques.
Remix Un remix est un nouveau morceau musical composé à partir d’un succès ancien. Il s’agissait au début des années 80 de reprendre une chanson, par exemple, pour l’adapter à une piste de danse : allongement de la durée, renforcement de la batterie et de la basse, redistribution de certains instruments, ajouts de certains effets sonores, etc. Peu à peu, avec le progrès des technologies numériques, le remix deviendra un acte de re-composition à part entière. Les plus grands groupes et les plus grandes stars du rock ont été remixés, manière de faire du neuf avec de l’ancien. Un relookage qui donne au modèle valeur de référence.
Riff*

Au sein du big band, les riffs sont des formules répétées, petites phrases généralement brèves, mélodiques et/ou rythmiques, à l’unisson ou harmonisés, émises par un soliste ou un ensemble d’instrumentistes. Particulièrement prisés par les formations de Kansas City dans les années 30, les riffs sont particulièrement exploités dans l’orchestre de Count Basie et toutes les formations swing (Armstrong, Ellington). Le be-bop évitera ces petites séquences, mais on trouve des riffs dans le jazz plus récent voire dans le rock où la guitare ne s'en prive pas quand elle rappelle le thème principal par de brèves interventions. Référence Count Basie : Swingin'in at Newport, 1957

Ripieno* Dans le cadre d'un concerto grosso tel qu'il était pratiqué au XVIIIe siècle (Corelli notamment), ce terme qualifie l'ensemble de l'orchestre qui s'oppose aux solistes du concertino* (voir ce terme)
Rubato* Le rubato est une indication incitant l'interprète à se libérer provisoirement du tempo à des fins expressives. Cette indication affectant un trait ou quelques mesures se trouve dans la musique romantique mais doit être suivi sans excès.
Séquence* Genre lié au chant liturgique apparu vers le IXe siècle appliquant le principe du trope*. Il s'agit d'appliquer un texte latin nouveau (en prose d'abord puis plus tard en vers) sur les longues vocalises de chacune des syllabe de l'Alléluia dans le cadre d'un chant grégorien existant. Un moyen mnémotechnique, sans doute, un moyen aussi de libérer une certaine créativité dans un corpus grégorien figé. Voir le terme à la page genre.
Sprechgesang Sprech (parlé) et gesang (chanté) : « La mélodie figurée par des notes dans la partie de voix parlée n’est pas destinée (à quelques exceptions près) à être chantée. Tout en tenant compte des hauteurs indiquées, l’exécutant devra les transformer en mélodie parlée». Préface Schönberg à son Pierrot lunaire (1912). Voir ce terme et celui de récitatif à la page genre.
Swing Comment faire que la musique swingue ? Les baroqueux se battent pour l’interprétation des notes inégales, les pianistes pour interpréter le rubato* chez Chopin ou Schumann. Les jazzmen, pour leur part, estiment que sans le swing il n’y pas de jazz. Jerry Roll Morton, en 1907, intitule une de ses compositions Georgia Swing. Les syncopes du ragtime appellent déjà ce balancement (to swing : se balancer). Mais c’est surtout à partir de 1930 que la notion de swing s’impose aux big bands du Jazz Hot. Il tient dans cette part indicible entre le respect du texte et la part personnelle de ou des exécutants qui donne au tempo une certaine élasticité. Au fond, c’est ce que le musicologue Hugo Riemann, dès 1884, évoquait avec un terme plus savant l’« agogique* ». Le swing ne s’écrit pas, il se sent, se respire, et chaque musicien a le sien. La difficulté naît quand il s’agit de l’appliquer à une formation composée de plusieurs musiciens et solistes. C’est là que les formations de Duke Ellington, Count Basie, Flechter Henderson, Benny Goodman (baptisé "le roi du swing") s’imposent et donnent au swing toute sa réalité vivante. Référence : Duke Ellington, It Don’t Mean a Thing if it Ain’t Got that Swing (1943)  (ça ne veut rien dire si ça ne swingue pas). C'est tout dire !
Syncope La syncope désigne le report de l'accent rythmique d'un temps fort sur un temps faible et prolongé sur le temps suivant. Une démo un peu technique ici. Elle ne doit pas être confondue avec le contretemps*.

Tempo*

Le tempo précise le mouvement, l'allure, la vitesse à laquelle un morceau doit être exécuté. Il ne concerne donc pas le rythme pusiqu'il n'affecte pas le rapport des durées des notes entre elles. Les indications de tempo sont apparues vers 1535 dans la langue de chaque pays puis uniquement en italien à partir de 1600. À partir de 1650, les Français affectaient à leurs compositions des indications de caractère comme tendrement, gayment, gracieusement.  Au XIXe siècle, Beethoven progressivement puis Schumann systématiquement adoptèrent la langue germanique au moment où Johann Nepomuk Maelzel inventa le métronome permettant d'appliquer un mouvement métronomique précis à un morceau : 90 à la noire signifie que chaque battement du métronome correspond à une noire. Par la suite, certains compositeurs ont complété le tempo en précisant sur leur partition la durée de leur œuvre.
Parmi les principales indications de tempo on trouve du plus lent au plus rapide : Largo, Lento, Adagio, Andante, Moderato, Allegro, Vivace, Vivo, Presto. Ces indications peuvent être nuancées par des modifications passagères Accelerando, Stringendo (en serrant), Ritenuto, Rallentando, Ritardando, Allergando, Poco a poco, etc.

Tessiture* Ce terme définit l'étendue du grave à l'aigu d'une voix ou d'un instrument. À différencier de l'ambitus* qui définit l'intervalle entre la note la plus grave et la plus aigue d'une mélodie. Dans une tessiture donnée, on distingue les registres aigu, medium et grave
Trope* Un trope est l'interpolation d'un texte et d'une musique au sein d'un chant grégorien préexistant dans le cadre de la liturgie du graduel (chant de la messe) ou de l'antiphonaire (office du jour). Différents types de tropes ont été relevés : addition de paroles sur un chant mélismatique préexistant, insertion d'un nouveau texte et d'une nouvelle musique (trope d'interpolation), addition avant et après un chant existant d'un trope d'interpolation (trope d'encadrement), enfin carrément le remplacement du texte et de la musique d'origine par un trope de substitution. L'insert d'un nouveau texte sur les syllabes de l'alléluia est un trope de développement encore appelé séquence*
Washboard* La traduction est « planche à laver ». Il s'agit d'un instrument à percussion composé d'une surface métallique irrégulière frottée rythmiquement par les mains de l'exécutant dotée de bagues ou de dés à coudre au bout des doigts. Voulez-vous apprendre à en jouer ici ? La washboard a été utilisée dans les jug bands du sud des États-Unis pour accompagner les chanteurs de blues aux côtés du banjo.  Un beau solo ici en 1933.